
Yasmine Wasfy
Parlez-moi de vous.
Je suis née à Montréal, de parents d’origine égyptienne. J’ai commencé à coudre dès l’âge de 14 ans, puis j’ai fait le Collège LaSalle, avec la spécialisation en costume. J’ai donc travaillé d’abord dans l’univers du costume.
Comment est née votre entreprise?
Avoir une boutique sur Saint-Laurent est mon rêve depuis l’âge de 14 ans. Rêve que j’ai réalisé en 2006. On a commencé dans un petit local, au nord de Marie-Anne. Je vendais des pièces uniques, on avait deux tailles seulement au début! Aujourd’hui on est à 6 tailles, c’est une grande évolution pour nous ! J’ai réussi à monter une toute petite équipe de 4 à 5 personnes et mon atelier est dans l’arrière-boutique.
Quelle est votre clientèle?
Des filles qui recherchent l’originalité et la qualité. Elles aiment que j’offre le service de retouches et du sur-mesure pour des commandes spéciales. En général, ce sont les jeunes de Saint-Laurent, de 19 à 35 ans, étudiantes et jeunes professionnelles, issus de milieux créatifs. J’ai bâti ma clientèle petit à petit grâce au bouche-à-oreille.
Quels designers vous ont influencé?
Où puisez-vous votre inspiration? Sonia Rykiel ou Miuccia Prada qui ont de belles carrières. Le concept européen des grandes maisons de couture qui ont leur atelier sous le même toit que leur boutique m’a influencé. Je m’inspire aussi de mes clientes que je côtoie chaque jour, j’observe leurs silhouettes, ce qu’elles portent, ce qui leur va bien.


Collection printemps-été 2011
Pourquoi le nom « Lustre » ?
Je voulais un nom bilingue représentant notre identité. Il évoque le passé, qui inspire la façon de créer mes collections. Notre service de retouches s’en inspire aussi. Autrefois, les clientes regardaient la collection de la saison et se faisaient réajuster leurs pièces, pour être parfaites.
En tant que jeune designer, propriétaire d’un commerce, que représente Montréal à vos yeux?
C’est facile d’ouvrir un commerce, mais il faut travailler fort pour se maintenir. Par contre, les designers ont du mal à établir des prix. Montréal n’est pas la ville la plus pauvre, mais ce n’est pas la plus riche non plus.
Vu le travail que la création de chaque pièce implique, vous ne pouvez pas non plus établir des prix trop abordables.
C’est impossible! On ne peut pas concurrencer la Chine de toute façon et les prix des grandes distributions, et ce n’est pas ce que recherche notre clientèle de Saint-Laurent.
Est-ce une ville créative? Est-ce un lieu de mode?
J’adore ma ville, elle est inspirante à tous points de vue, elle nous garde jeune. Il y a vraiment une mode de rue à Montréal et les événements de la SDBSL sont un vrai défilé pour ça! On est beaucoup de jeunes designers à Montréal et c’est agréable à voir. La Main est aussi une destination mode avec ses nombreux designers.


Collection printemps-été 2011
Une matière de prédilection?
À Montréal et surtout sur la Main, on a toujours été connu pour le textile. Quand j’ai commencé, 95% de mes tissus provenaient du Canada. Mais il est de plus en plus difficile de trouver des fabricants de textiles ici aujourd’hui. Je travaille beaucoup avec des tissus anciens. Par exemple, plusieurs de mes pièces actuelles, sont faites avec du textile qui était utilisé dans le temps pour faire de la lingerie. Je travaille aussi avec des textiles venant d’Europe, surtout d’Allemagne, d’Italie et de France.
Décrivez-moi de votre collection printemps-été :
Chaque pièce porte un nom, comme toujours dans mes collections. Je leur donne le nom de chanson, souvent c’est celle que j’écoute lorsque je crée la pièce. Ce fut une collection plus difficile à faire car j’ai changé un peu la silhouette habituelle. C’est plus décontracté mais ça garde le côté ajusté de la ligne Lustre. Il y a beaucoup de mouvement et de transparence. C’est une ligne bohémienne mais encore très chic, et simple à porter. Les pièces se portent de manière chic ou décontractée, et peuvent être assemblées avec d’autres pièces de sa propre garde-robe.
Vous puisez votre inspiration du passé, où la mode masculine est pourtant très intéressante; n’avez-vous pas envie d’habiller les hommes aussi?
Oui, c’est quelque chose que j’adorerai et la demande est là ! Mais pour l’instant, je suis surtout spécialisée dans la mode féminine.
Comment décrire votre griffe en quelques mots?
« Effortless chic », qu’on pourrait traduire par « chic naturellement », et puis aussi « féminin ».
Y-a-t-il une personnalité que vous aimeriez voir avec vos créations?
L’actrice et chanteuse Zooey Deschanel sans aucun doute!
4068, boul. Saint-Laurent
www.lustreboutique.blogspot.com
T. (514) 288.7661
